Ambassade du Royaume des Pays-Bas à Alger, Algérie

Néerlandais en Algérie autrefois

Néerlandais en Algérie autrefois

Alexandrine Tinne

Alexandrine Pieternella Françoise Tinne (1835-1869) était une exploratrice et photographe néerlandaise. Elle est née à La Haye et était la fille de Philip Frederik Tinne et de la Baronne Henriette van Capellen (fille du Vice-amiral Theodorus van Capellen, qui prit part au bombardement sur Alger en 1816). Lorsque son père est décédé, Alexandrine n’avait que dix ans et elle était soudain la plus riche héritière des Pays-Bas. 

En compagnie de sa mère (et plus tard de sa tante également) Alexandrine a voyagé à travers la Norvège, l’Italie et le Moyen-Orient. Elle est surtout devenue célèbre pour son exploration de la région du Nil à Gondokor et Sobat (Sud du Soudan) en 1861, à la recherche de la source du fleuve. Elle a également rapporté de cette région quelques spécimens de plantes, ce qui a permis de découvrir au total 19 nouvelles sortes de menthe.

Malheureusement, sa mère comme sa tante sont tombées malades au cours de la dernière expédition et elles sont décédées en route pour Le Caire. Alexandrine est partie seule pour l’Algérie et s’est installée à Mustafa, dans les collines qui entourent Alger. 

Lorsqu’en 1867, Alger a été touchée par un tremblement de terre et qu’en outre, une épidémie de cholera a suivi, Alexandrine est devenue célèbre auprès de la population locale pour sa charité et son assistance médicale. Certains disaient même qu’elle savait faire des miracles. 

Après le séisme, Alexandrine a décidé d’organiser une nouvelle expédition. Cette fois, elle voulait faire le tour de l’Atlas et du Nord du Sahara. C’est ainsi qu’elle fut la première femme européenne à traverser le Sahara.  

Elle est partie début octobre 1867 et son itinéraire l’a menée à Djelfa, Ghardaïa, Biskra, Constantine et finalement à Skikda où son convoi s’est dispersé. Alexandrine est alors partie pour Malte et, de là pour la Lybie où elle a été assassinée par des Touaregs près de Ghat en 1869. La mort d’Alexandrine Tinne connut une notoriété dans le monde entier et à Alger une plaque commémorative a été placée dans l’église anglicane ; elle s’y trouve toujours actuellement. 

Louis Couperus

« J’ai du calme et j’ai du soleil ! Vous aussi avez peut-être besoin des deux ; alors le conseil que je vous donne est : Venez en Afrique, à Alger ». Louis Couperus

Louis Couperus a passé les mois de novembre et décembre 1920 à Alger. Après avoir parcouru l’Algérie et la Tunisie, il a quitté Alger à destination de Marseille le 3 mai 1921. Il n’a pas trouvé le voyage difficile et a écrit : « je n’étais peut-être pas tout à fait rétabli, mais aller à Alger ne m’a pas paru plus difficile qu’aller à Amsterdam ou Arnhem. » Le séjour a été une source d’inspiration pour de nombreuses lettres de voyage qui ont été publiées dans le journal « Haagsche Post ».

Passer l’hiver à Alger était une tradition née lorsque des touristes anglais fortunés ont découvert vers 1860 qu’Alger était un lieu agréable où fuir les froids de l’hiver.

Dans les collines entourant la baie d’Alger, ils ont construit de belles villas de style mauresque ou ont acheté des maisons construites pendant la période ottomane et les ont rénovées. La plupart de ces villas avaient été construites dans une région appelée El Biar (littéralement : les sources), une région boisée de pins avec une vue magnifique sur la baie.

Cette région est devenue si populaire que l’architecte anglais Benjamin Bucknall a bien gagné sa vie en y réalisant les rêves maures des Britanniques. L’Algérie est devenue encore plus populaire après la parution en 1904 du livre ‘The garden of Allah’ de Robert Smythe Hichens, dont l’action se déroule à Biskra.

Couperus n’était pas le seul touriste à rechercher la chaleur à Alger lors des mois d’hiver de 1920-1921. Mais il était inconnu à Alger et son accueil a été en contraste criant avec l’accueil réservé à une autre touriste, à savoir Sa Majesté royale la duchesse de Vendôme.

La duchesse est arrivée à Alger le 14 novembre 1920, exactement une semaine après Couperus, par le même bateau, le Timgad de la Société Trans Atlantique. Elle a tenu un journal qui est un complément intéressant à ce que l’on connaît du séjour de Couperus à Alger.

La duchesse et son époux logeaient dans un hôtel assez cher, le Saint Georges, qui existe toujours et a été rebaptisé El Djazaïr. Couperus et son épouse logeaient dans un hôtel plus modeste, le Continental, qui a entre temps été démoli.

Couperus a été très impressionné par les citoyens algériens dont il a dit qu’ils étaient  « tous des princes de la vie ; ils ont tous une noblesse de calme et de résignation muette ».  Il pourrait reconnaître encore certaines parties d’Alger. Entre 1920 et l’indépendance en 1962, la ville n’a pas beaucoup changé. Elle n’a pas non plus beaucoup changé de 1962 à nos jours.

Même la Casbah, qui fait entre temps partie du patrimoine mondial de l’UNESCO, a résisté aux atteintes du temps, même si une grande partie a été démolie (à l’époque française) pour faire place à des routes et une école de musique. Le quartier El Biar (appelé autrefois Mustapha supérieur) est toujours un quartier vert d’Alger ; les anciennes villas ont été rénovées et elles servent souvent de résidences aux Algériens fortunés.

Kees van Dongen

Cornelis Theodorus Maria van Dongen (Rotterdam-Delfshaven, 1877 – Monte Carlo 1968) était un artiste-peintre néerlandais. Bien qu’il ait manifesté un talent pour le dessin à un jeune âge, ses parents n’avaient pas les moyens de l’envoyer à l’académie des beaux-arts. C’est la raison pour laquelle en 1895, à quatorze ans, il partit  pour l’Amérique comme steward.

Van Dongen admirait beaucoup les dessins de Th.A. Steinlen qui représentaient des personnages de la ville de Paris. Après une visite à Paris en 1897, van Dongen s’y est installé définitivement en 1900. Au début, il a gagné sa vie en vendant des journaux et même en se produisant comme lutteur.  

En 1905, van Dongen a exposé avec des artistes tels que Henri Matisse, Albert Marquet, André Derain et Maurice de Vlaminck au Salon d’Automne du Grand Palais à Paris. Un critique d’art français n’a pas apprécié les couleurs violentes, le manque de perspective et le fait que les portraits de femme de van Dongen n’étaient pas des reproductions fidèles. Le critique a traité les peintres de « Fauves ». C’est pourquoi depuis cette date, l’expressionisme français a également été appelé le Fauvisme.

Entre 1900 et 1907, van Dongen a peint également de nombreux paysages néerlandais et en 1910, il a fait des voyages en Italie, en Espagne, au Maroc et aussi en Algérie. Un des tableaux les plus connus de van Dongen est un portrait d’une danseuse algérienne appartenant à la tribu Ouled Naïl.

Ouled Naïl est une tribu semi-nomade dans laquelle les femmes apprennent la danse du ventre à un jeune âge afin de gagner ainsi de l’argent pour leur dot. Lorsqu’elles dansaient, elles étaient encore entièrement vêtues pendant la première partie de la représentation, mais pour la deuxième partie, elles ne portaient que leurs ornements de tête et leurs bijoux. Il s’agissait souvent de pièces d’or, comme on le voit nettement sur le portrait de van Dongen, de sorte qu’elles avaient toujours leur fortune sur elles. Les danseuses portaient aussi des bracelets pointus avec lesquels elles pouvaient repousser les spectateurs trop enthousiastes.

Le tableau a été vendu aux enchères à Londres par Christie’s en février 2008 pour le prix de 5.620.500 livres.

Marius Bauer 

Marius Bauer (1867-1932) était un artiste-peintre néerlandais originaire de La Haye. Il a suivi des cours à l’Académie des Beaux-arts de sa ville natale de 1878 à 1885 et est parti à 21 ans pour un voyage d’études à Istanbul. Après son voyage d’études, son œuvre est centrée sur l’Orient.

Le style de Marius dans ses gravures (qui l’ont surtout rendu célèbre), ses aquarelles et ses peintures à l’huile associait l’impressionnisme et l’École de la Haye. Il choisissait souvent de peindre des scènes en ville, des animaux (chameaux, éléphants, mais aussi des cigognes), des mosquées et leurs minarets. Avec sa femme, Jo Bauer-Stumpff, il a fait trois voyages en Algérie. Il est allé à Alger, Tlemcen, Constantine, et Biskra.